Le Cerf de Java « Cervus timorensis rusa » est une espèce que l’on ne rencontre qu’en de rares endroits du globe et qui présente des caractéristiques morphologiques typiques du milieu qu’il affectionne : la forêt primaire.
Son histoire à l’ILE MAURICE, nous vient d’Adrian Van Der Stel, un gouverneur hollandais qui en 1639 vint déverser, par la baie du Vieux Grand Port, quelques cerfs de Java. Le parc dans lequel ils avaient été cantonnés ne tarda pas à céder suite à une grosse tempête et les quelques cervidés regagnèrent vite leur liberté dans les forêts avoisinantes. C’est après 368 ans que les chasseurs étrangers pourront approcher et prélever ce cervidé unique dans les forêts primaires et les plaines verdoyantes de notre site de chasse.
La chasse a permis à ce cervidé de coloniser tout le territoire depuis son introduction et 50 ans après, le gouverneur Lamothius écrivait dans un compte rendu sur la faune que le cerf était en surabondance. Les chasseurs permirent à l’espèce de subsister et de ne pas s’éteindre contrairement à son pays d’origine l’Ile de Java ou le Cerf de Java est une espèce en danger. Extraordinaire retour aux sources et grâce à sa conservation dans les zones de chasse et dans les élevages mauriciens, des couples de Cervus timorensis rusa furent transportés de l’Ile Maurice à Java en 1989 pour améliorer le cheptel indonésien.
Le Cerf de Java est un animal de 140 à 160 kg pour les grands mâles et comme tous les cervidés seul le mâle porte des bois qui sont une continuité de son squelette mais à l’extérieur de sa tête. Les bois sont généralement de trois andouillers seulement par merrains sauf cas exceptionnel ou erreurs de la nature, choc sous velours et difformité quelconque.
Un andouiller de massacre (ou andouiller d’œil) puis une enfourchure avec un andouiller terminal plus long. Les bois du cerf de Java sont très denses car peu poreux, ils sont lourds ce qui le rend particulièrement très dangereux pour ses rivaux pendant le brame. Le mâle jette sa tête en décembre et la repousse se termine en mars.
La gorge des animaux présente une serviette bien marquée presque blanche, des joues puissantes et très saillantes, des oreilles très grandes et larges, des yeux ronds et proches l’un de l’autre ce qui permet aux animaux de voir très précisément en face d’eux. Les larmiers sont importants, leur robe va du marron très clair au marron chocolat pour les mâles.
Les glandes odoriférantes sont au même nombre que nos cerfs élaphes et situées aux mêmes endroits, aux pattes arrières (la brosse), entre les doigts (interdigitales), sur le larmier, sous les maxillaires inférieurs, entre les pivots, à l’anus et à l’intersection des mandibules... Le cerf de java est une espèce à part entière et est digne d’intérêt pour tous les chasseurs passionnés par les cervidés car unique en son genre, cette espèce apporte tout ce que les chasseurs, les naturalistes et les amoureux de la nature et des cervidés recherchent.
Le rut a lieu de mi-juillet à fin août selon la photopériode et l’avancée en œstrus des femelles. A cette période magique les mâles brament leur amour aux femelles qui ne tardent pas à succomber à leur désir. Très vindicatifs les mâles sont très agressifs car territoriaux et du fait de l’organisation de leur bois, les blessures sont très fréquentes et souvent portées aux yeux et au garrot ce qui peut provoquer la mort par septicémie ou aggravation de la plaie. Apres le rut, quelques jeunes mâles remplacent les plus vieux en participant au rut étendant ainsi la période de reproduction de plusieurs semaines…
La forme des trophées est typique, partant des pivots, les bois s’arrondissent vers l’arrière pour suivre la ligne cervicale et remonter vers la ligne dorsale. Cette forme permet aux mâles de pénétrer la forêt primaire en levant simplement le menton. Dans cette position, les bois s’alignent vers l’arrière et n’incommodent pas le déplacement des animaux.
Les principaux avantages de cette espèce sont l’odorat et la vue, l’ouïe et la forêt, qu’elle maîtrise parfaitement. C’est un animal intelligent et cette chasse n’en est que plus passionnante, c’est un des cervidés les plus difficiles à chasser et tous les chasseurs du monde qui ont pu le pourchasser l'affirment.